Bourse/Finance
1,2 million de particuliers sont désormais actifs en Bourse
Le tableau de bord de l’Autorité des marchés financiers enregistre un record d’investisseurs individuels au premier semestre 2026. Les fonds indiciels cotés attirent les plus jeunes, avec une mise médiane tombée de 1 600 à 95 euros en six ans. Plus de la moitié des ordres sur ces fonds passent désormais par des courtiers installés hors de France.
Au deuxième trimestre 2026, l’ordre médian d’un particulier français sur un fonds indiciel coté, ou ETF (exchange-traded fund), s’élevait à 95 euros. En 2020, il tournait autour de 1 600 euros. Sur les actions, la mise médiane est passée d’environ 1 000 euros à 481 euros. Ces deux chiffres, tirés du tableau de bord publié le 23 septembre par l’Autorité des marchés financiers (AMF), décrivent mieux qu’un indice l’arrivée d’un nouveau public en Bourse.
Le régulateur compte environ 1,2 million de particuliers ayant acheté ou vendu des actions à chacun des deux premiers trimestres, 14 % de plus qu’au second semestre 2025. Il n’avait jamais relevé autant d’investisseurs actifs depuis le début de ses mesures, en 2018. Sur les ETF, ils étaient 881 000 au premier trimestre et 934 000 au deuxième, en hausse de 39 %. Le semestre totalise 36 millions de transactions sur actions, soit 28 % de plus qu’un an auparavant, et 11,8 millions sur ETF, en progression de 69 %.
L’ETF devient la porte d’entrée
Les nouveaux venus choisissent d’abord les fonds indiciels. Sur les 435 000 particuliers qui ont passé au premier semestre leur premier ordre depuis 2018, 394 000 ont acheté un ETF et 282 000 une action, certains ayant fait les deux. Le chiffre des ETF est un record. Celui des actions reste inférieur aux 315 000 du premier semestre 2025.
Le détail trimestriel nuance le record. Les premiers ordres ont été plus nombreux en début d’année : 254 000 nouveaux investisseurs au premier trimestre, 181 000 au deuxième. Le repli vaut pour les actions, de 161 000 à 121 000, comme pour les ETF, de 215 000 à 179 000. La prochaine édition dira si le premier trimestre était un pic.
L’âge suit. L’investisseur en ETF avait en moyenne 38 ans au deuxième trimestre, contre environ 60 ans en 2018.
Celui qui achète des actions a un peu plus de 47 ans. Un sondage poll&roll commandé par Lise, une Bourse française destinée aux petites et moyennes entreprises (PME), donne la mesure de l’écart entre générations : 16 % des 18-34 ans disent comprendre assez les ETF pour y investir, contre 6 % des 65 ans et plus. L’enquête a été menée en ligne du 11 au 15 juin auprès de 1 000 personnes. Les plus jeunes sont aussi 29 % à citer spontanément ces fonds quand on leur parle de placements, contre 20 % des seniors.
« Une nouvelle génération arrive en Bourse, avec des usages plus digitaux, des montants d’entrée plus accessibles et un intérêt croissant pour les ETF », observe Mark Kepeneghian, fondateur de Lise. Il plaide pour que cet élan profite aussi aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire, ce qui est l’objet de sa plateforme.
Des ordres qui partent chez les courtiers étrangers
Le tableau de bord distingue depuis mars deux périmètres, et la comparaison est instructive. Environ 850 000 particuliers passent chaque trimestre leurs ordres sur actions auprès d’un prestataire dont le siège est en France. 350 000 autres utilisent un intermédiaire établi dans un autre pays de l’Union européenne, où sont installés plusieurs courtiers en ligne à bas coût. Sur les ETF, 555 000 investisseurs passent par un prestataire français et 350 000 par un intermédiaire européen. Ces derniers traitent 32 % des transactions sur actions et 53 % de celles sur ETF.
Le phénomène est plus net encore chez les débutants : 203 000 des 435 000 nouveaux investisseurs du semestre ont passé leur premier ordre chez l’un de ces prestataires européens. Pour les actions, la proportion atteint 55 %.
Cette affluence ne doit rien à l’euphorie des cours. Le CAC 40 a terminé septembre à 7 965 points, sous sa clôture de fin 2025, à 8 149 points. La Banque de France dénombrait près de 7,3 millions de plans d’épargne en actions (PEA) fin 2025, pour 126,5 milliards d’euros de titres. L’AMF précise que sa définition du « nouvel investisseur » inclut des particuliers restés inactifs depuis janvier 2018, date à laquelle ses relevés commencent. S’y ajoutaient près de 299 000 PEA destinés aux petites et moyennes entreprises, pour 3,7 milliards d’euros.
